Repère des mélomanes de tout poil, le Théâtre des Champs-Élysées (voir note en bas d’article) est aussi le repère des gastronomes depuis la création du restaurant en 1990 par l’architecte Brigit de Kosmi. Projet d’extension architectural qui a défrayé la chronique à l’époque exactement comme la création mondiale du Sacre du Printemps des Ballets russes en 1913 lors des mois d’inauguration du théâtre de l’avenue Montaigne.

Encore aujourd’hui, la Russie n’est pas loin, puisque de la terrasse du restaurant Maison Blanche sur le toit du théâtre en plus de profiter du spectacle de la Seine et des monuments parisiens, on peut depuis octobre dernier considérer la toute nouvelle cathédrale orthodoxe russe de la Sainte Trinité de Paris, une Moscou sur Seine, coiffée des cinq bulbes dorés et voulue par l’autocrate Poutine. Loin des jeux diplomatiques franco-russe, le chef Fabrice Giraud règne sur 440 m2 de gastronomie. Le chef originaire de La Ciotat (Bouches-du-Rhône) a déjà un très beau parcours. Après avoir commencé au restaurant Le Chantecler du Negresco à Nice, La Grande Cascade à Paris et à L’Hôtel de Paris à Monaco aux côtés d’Alain Ducasse. En 1999, avec son premier titre de chef, il inaugure le restaurant Le Pain et le vin à Bruxelles gagne son étoile au Michelin. La suite nous la connaissons : chef au Grand Barrail à Saint-Emilion, puis le piano du Périgord et celui de L’Ermenonville. En 2009, c’est l’aventure Shangri-La, à Shanghaï puis à Istanbul avant de revenir en France puis de rejoindre en 2015 le restaurant Maison Blanche. Sa cuisine de saison est marquée par son origine méditerranéenne, mais aussi ses voyages culinaires.

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Photos © Olivier Thieule.

Pour la traditionnelle fête de Noël, il a concocté un menu qui rassemble la famille, sainte forcément, autour de la Saint-Jacques d’Erquy, le foie gras de canard, le bar de ligne, le chapon bien sûr, le mystérieux Riviera et bien sûr l’incontournable bûche. Pour l’an nouveau plus enclin à la fête entre amis, le menu a été élaboré avec la Saint-Jacques d’Erquy au caviar français, une marinade citron Meyer et l’huile d’olive vierge extra, le crabe royal en gelée et sa mousse légère au riz basmati parfumé au jasmin, le foie gras de Vendée en ravioli ouvert, l’escalope poêlée et truffes fraîches mélanosporum, sauce à la liqueur de châtaignes, le homard parfumé aux épices avec une brunoise de légumes racines et huile de livèche, le lièvre selle rôtie sauce civet avec sa mousseline au beurre de la maison Borniambuc, petits choux et kumquat confit, le comté millésimé accompagné de pralines de noix sablées, pain de campagne et confiture de cerises noires , la coupe glacée d’agrumes en gelée et suprêmes marinés et croustillant de pain d’épices, puis fin feuillets piémontais aux noisettes caramélisées et mousse onctueuse de chocolat Gianduja poudré d’or et sauce vanillée. Ce menu est proposé à 320 euros par personne accompagné d’une coupe de champagne Gosset Grande Réserve. Plus tard, pour le nouvel an russe ce sera caviar et citron, basmati et jasmin, truffes, châtaignes et foie gras, homard et épices, civet et kumquat, cerises noires et pralines, agrumes et pains d’épices, noisette et Gianduja. Le tout saupoudré d’or et d’audace, arrosé des meilleures vodkas du moment. Les verres cliqueront et les chants retentiront au son des balalaïkas à la mode russe du moment.

Maison Blanche
15 avenue Montaigne, Paris 8e
Réservations : 01 47 23 55 99
Service voiturier

— Note : Le Théâtre des Champs-Élysées est une œuvre majeure dans l’histoire de l’architecture et du béton armé. Plusieurs architectes, et non des moindres, se sont succédés entre 1906 et 1911 : le Suisse Henri Fivaz, le Français Roger Bouvard et le Belge Henri Van de Velde avant qu’Auguste Perret ne s’impose en reprenant les plans des architectes attitrés, qu’il a transformés assumant ainsi la paternité de l’œuvre, ce qui ne manqua pas d’alimenter en polémiques la presse française de l’époque. L’inauguration eut lieu en avril 1913, suivi en mai du « scandale » du Sacre du Printemps le ballet en deux parties d’Igor Stravinsky, chorégraphié par Nijinski pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev. Opposants et partisans en vinrent même aux mains.

Théâtre des Champs-Élysées, archives. DR.

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