La Villa Haussmann

Depuis décembre 2016, le groupe SFH a ajouté à sa couronne la superbe Villa Haussmann boulevard Haussmann. Nous vous y invitons.

Pourquoi se rendre dans le 8eme arrondissement à Paris ? Pour la superbe Villa Haussmann sise boulevard Haussmann qui profite d’une vue à 180 degrés sur l’Arc de Triomphe, mais surtout pour partager l’expérience « hymne à la vie parisienne ». C’est ce que propose depuis décembre 2016 ce nouvel établissement du groupe SFH (voir l’encadré en fin d’article) dans des tenues Second Empire modernisées.

Le baron Haussmann (1809-1891) statufié depuis 1889 par François Cogné (1876-1957) attend à l’angle du boulevard éponyme et de la rue Laborde, scrutant au loin l’Arc de Triomphe et tournant le dos à l’immeuble qui a été jusqu’en 2014 le siège du groupe Féau Immobilier. Aujourd’hui, il regarderait presque par-dessus le col l’immeuble de bureaux magnifié en hôtel à la hauteur du lustre de Paris. Modernité et passé revisité rythment l’établissement dès la réception où nous attendent l’impératrice Eugénie et ses dames d’honneur d’après le célèbre tableau réalisé en 1855 par Franz-Xavier Winterhalter (1805-1873). Noyée dans sa crinoline l’impératrice semble se languir de la très contemporaine banquette rouge à ses pieds, qui ne profite qu’aux seuls visiteurs de l’hôtel. À la lumière de la reproduction répond le mur d’onyx rétro-éclairé, un lustre « Wersailles » en porcelaine de Limoges qui semble flotter dans les airs et le dallage noir et blanc qui nous emmène au bar-restaurant. Lustres de Sylvie Maréchal de Beau & Bien que l’on retrouve au restaurant.

 

Le restaurant, le fameux N3, une moderne traduction pour Napoléon III, revisite la brasserie parisienne avec par exemple en avant-goût pour accompagner une coupe de champagne blanc de blanc Henriot une planche de charcuterie du pays basque ou bien une burrata et ses légumes confits. Vous pourrez suivre avec un risotto de gambas ou bien un filet de bœuf de Salers écrasé de pommes de terre, sauce au poivre fumé. Et terminer avec les fruits sans chichi ou bien « C’est de la tarte ! », la tarte de la pâtisserie Raoul Maeder, qui est un vrai régal. Pâtisserie que l’on retrouve non loin de là au 111 du boulevard. Ce sont peut-être ces pâtisseries qui vous inciteront à quitter le confort des fauteuils mauve et la gentillesse du personnel. Des soirées thématiques mensuelles ou bimestrielles sont organisées les mardis et jeudis, pour présenter, en partenariat avec un producteur, une spécialité d’exception qu’il s’agisse d’un bœuf, d’un saumon, d’un whisky, d’un caviar ou pourquoi pas d’une tomate ? Le food pairing, bien sûr, est à l’honneur, par exemple autour du thème « huîtres et champagnes », une évidence pourtant assez peu représentée dans les bars du 8e arrondissement.

La Villa Haussmann, 132 bld Haussmann, 75008 Paris
Tél. : 01 42 65 29 29

Patrick Ribes architecture intérieure design

Patrick Ribes, architecte d'intérieur

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le projet La Villa Haussmann ?

C’est d’abord le caractère absolument exceptionnel du bâtiment qu’elle occupe. Lorsque l’on vient de l’Arc de Triomphe, on ne peut qu’être frappé par la vue de cet éperon, taillé sur trois façades dans une très belle pierre, surplombant la statue du Baron Haussmann. Plus qu’un bâtiment, c’est un symbole, celui des travaux d’urbanisme colossaux réalisés à Paris sous la houlette du préfet de la Seine, et plus généralement d’une époque très riche, le Second Empire. Dans ce bâtiment entièrement restauré par les Bâtiments de France,

le défi a consisté à penser l’aménagement de La Villa Haussmann autour de la thématique Napoléon III, mais sans jamais verser dans la nostalgie ou le pastiche. Un passionnant travail de revisitation.

Comment vous êtes-vous inspiré du Second Empire ?

Exprimer l’originalité de cette période c’est bien sûr mettre l’accent sur sa dimension exubérante, théâtrale et festive. Mais c’est aussi révéler une dimension souvent négligée : la brillante modernité de cette époque. On l’oublie trop souvent, le Second Empire est une période très innovante, qui a propulsé la France dans la modernité, en bouleversant la société, en développant l’économie, les sciences et les arts. D’un point de vue architectural, le Second Empire s’est fortement inspiré des styles du XVIIIe siècle, mais en s’appuyant sur des technologies nouvelles, comme les structures métalliques. Cette modernité a été un des points d’ancrage de notre démarche.

Concrètement, comment avez-vous exprimé cette modernité ?

Tout simplement en faisant la même chose que les architectes du Second Empire : s’appuyer sur les innovations technologiques actuelles pour revisiter une esthétique passée. Je pense par exemple aux tableaux qui ponctuent l’espace de l’hôtel. Au lieu d’être peints sur une toile, ils sont imprimés sur des plaques de verre, ce qui leur confère une résistance exceptionnelle et une brillante luminosité. Ce sont aussi les têtes de lit qui représentent des rideaux de scène de cette époque, imprimés sur des bâches vinyle, qui apportent une vraie touche de modernité, tout en répondant aux impératifs de l’entretien hôtelier. Dans les salles de bain, les marbres pressés, très lisses, très fins, très résistants, permettent de très grandes surfaces d’un seul tenant et donnent un style très élégant.

Patrick Ribes architecture intérieure design

SFH Style/Feeling/Hotel

SFH

STYLE/FEELING/HOTELS

Si SFH voit le jour en 2002, son histoire, familiale, prend source en 1969 quand Henri Chambon crée le groupe SOCRI. Célia Chambon, sa fille, poursuit l’œuvre de son père en développant l’activité hôtelière. En 1988, après 2 ans de travaux, La Villa Maillot, le boutique hôtel 4 étoiles de 42 chambres inaugure une belle suite. Le Pullman Montpellier Centre en 1991, un 4 étoiles, franchise du groupe Accor qui sera rénové en 2011, puis le 5 étoiles Grand Hôtel racheté en 2001 au groupe Royal Monceau, à Saint-Jean-de-Luz qui nécessitera 2 ans de travaux et se dotera en 2007 d’une thalasso et spa rénovée en 2015 dans une ambiance Art déco.

En 2005 à Saint-Paul-de-Vence, c’est au tour du Mas de Pierre, un 5 étoiles, posé dans 3 hectares de jardin et qui devient Relais & Châteaux un an après son ouverture. 2013 marquera la rénovation complète dans une ambiance chic et cosy de La Villa Maillot autour du raffinement et du prestige d’une demeure parisienne. La Villa l’Arche à Bidart sera acquise en 2014 avec une petit capacité d’accueil pour une intimité exclusive surplombant la plage. La même année le Mas de Pierre s’agrandit avec la Bastide des fleurs, un ensemble de très grand luxe. Et en 2016 le groupe ajoute à sa couronne La Villa Haussmann.

SFH Hotels

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