Génération Z

Le 23 octobre dernier se tenait à Montreux (Suisse) le 18e International Forum Recruitement (IRF) du Swiss Education Group (SEG) qui dévoilait à cette occasion la seconde partie de son étude sur la génération Z réalisée par Alexandra Broennimann et ses « nouveaux besoins en formation ». Et à Excellens Magazine, nous étions très curieux de connaître ces « nouveaux besoins ».

par | 7 novembre 2017 | Actualités

Tout d’abord, qu’est que la Génération Z ?
Cette fameuse génération suscite énormément d’études. Avant celle réalisée par Alexandra Broennimann dont nous allons parler, on peut citer celle de 2015 sur la génération Z et sa vision de l’entreprise réalisée par BNP Paribas et The Boston Project à partir d’un échantillon de 3212 jeunes (15 à 20 ans) non représentatif et répondant spontanément à un questionnaire diffusé uniquement sur les réseaux sociaux. En février 2016, l’hebdomadaire L’Express s’interrogeait sur « La génération Z, ces 15-25 ans qui façonnent le monde de demain » qui fascine tant le monde de la mode, les média et bien entendu le marketing. Pour faire partie de la génération Z, vous devez être né entre 1995 et 2015. Cette génération est aussi qualifiée de nouvelle génération silencieuse ou de génération C pour communication, collaboration, connexion et créativité. Cette génération a toujours connu l’Internet et la téléphonie mobile, mais manquerait de distance dans sa consommation de l’information sur l’Internet. Michel Serres dans son livre Petite Poucette publié en 2012 porte un regard très optimiste sur cette génération (voir l’entretien dans le quotidien Libération le 3 septembre 2001) mais qui peut aussi être remis en question (ici, par un professeur de philosophie dans la revue Skhole).

Quelle méthodologie pour SEG ?
D’ici 2019, la génération Z, née après 1995, représentera plus de 20% de la population active. Il fallait donc comprendre qui ils sont et comment ils pensent pour pouvoir les diriger, mais aussi travailler avec eux et de les faire évoluer dès leurs premiers emplois.
Pour cette étude, la recherche a été menée au premier trimestre 2017 sur plus de 4500 étudiants du monde entier des écoles suisses privées et publiques. Cela représente plus de 3500 enquêtes en ligne approfondies, et plus de 100 interviews, des groupes de discussion et d’expériences pour ce rapport. Plus de 30 maîtres de conférences et 50 employés de l’industrie hôtelière ont été sollicités. Dans cette étude, qui a décortiqué la génération Z, l’auteur propose des stratégies pour l’industrie hôtelière pour les attirer et les accompagner dans leur développement professionnel.

Et concrètement ?
Le temps de concentration de la génération Z est volatile. Ils décident en moyenne en 8 seconde si un sujet les intéresse ou pas et ils zappent, et ils zappent… Et si l’intérêt est là, il pourra se concentrer 12 minutes. Vous avez bien lu, 12 malheureuses petites minutes avant de repartir zapper. L’étude conseille donc de les responsabiliser en les laissant autonome, en utilisant des outils numériques, en réalisant des cycles d’enseignement court pour mieux capter leur attention, de travailler en équipe et de donner un feedback régulier. L’étude confirme également que cette génération passe plus de temps devant YouTube que devant la télévision (8 jeunes sur 10).

Et que préconise Alexandra Broennimann ?
Pour la génération Z de tout simplement « mettre son téléphone en mode silencieux pendant la nuit, prendre des notes manuscrites, continuer à entretenir des relations humaines et ne pas se contenter d’amis virtuels, acquérir une culture numérique et utiliser la technologie efficacement, faire la différence entre une audience virtuelle et ses amis, etc ». Et pour les enseignants, elle a élaboré « une nouvelle méthodologie afin que les enseignants adoptent des techniques d’éducation adaptées aux avancées technologiques, tout en protégeant leurs étudiants ». Elle conseille aussi de « promouvoir les règles d’hygiène virtuelle, de valoriser une série de « skills hors ligne » (les compétences de présentation, le langage du corps) que les étudiants doivent maîtriser, de mettre l’accent sur l’apprentissage qui exige un engagement actif et non une réaction passive ou encore de prôner la recherche en ligne mais toujours accompagnée d’une réflexion sur papier afin d’apprendre à pratiquer la transférabilité de leurs compétences acquises ». On trouve aussi d’autres conseils comme « éviter les exercices multitâches pour garder la concentration, ou encore privilégier le travail en groupe avec des discussions pour équilibrer le « temps passé devant l’écran » par rapport au contact direct ».

Qu’en pense Florent Rondez, CEO de Swiss Education Group ?
Il explique que : « Les enseignements que l’on tire de cette étude sont précieux et vont nous permettre de faire passer l’apprentissage basé sur la technologie à un niveau supérieur. On ne peut pas changer le comportement des jeunes mais on peut changer la manière dont Swiss Education Group appréhende leur formation. Les jeunes ont aujourd’hui de la peine à discerner l’usage efficient du mauvais usage des cyber-technologies et il est de notre devoir de les mettre en garde et de leur apprendre à tirer le meilleur parti de la technologie d’aujourd’hui ».

Et vous, à quelle génération appartenez-vous ?
Les Baby Boomers sont nés entre 1946 et 1964 et n’ont jamais connu que le plein emploi, ils sont suivis par la génération X (1965-1980), qui a connu toutes les crises pétrolières ; la génération Y (1981-1994) surnommée les millennials.

Swiss Education Group

Ce groupe est un leader de la formation hôtelière en Suisse qui dispose de cinq établissements sur sept campus comptant annuellement quelque 6,500 étudiants représentant 111 nationalités différentes. C’est une alliance d’écoles hôtelières en Suisse qui a à son actif plus de 30 années d’expérience dans la formation hôtelière. Le groupe s’inscrit dans la tradition et l’excellence d’un enseignement orienté sur la pratique de la gestion hôtelière et dispensé en anglais afin de répondre ainsi aux besoins du marché. Les écoles proposent un large éventail de filières de niveau diplôme, bachelor ou master. Pour leur garantir une reconnaissance internationale, des partenariats ont été développés avec les universités de Derby (Royaume-Uni), Northwood et de l’Etat de Washington (Etats-Unis). Beaucoup de professionnels du tourisme et de l’hôtellerie reconnaissent le Swiss Education Group. Ses écoles attirent par ailleurs un nombre important d’étudiants et de visiteurs internationaux dans les régions où elles sont actives. Le groupe est membre de l’ASEH, Association Suisse des Ecoles Hôtelières. Les cinq établissements sont : César Ritz Colleges Switzerland, Culinary Arts Academy Switzerland, Hotel Institute Montreux (HIM), School of Hotel Management (IHTTI), Swiss Hotel Management School (SHMS).

Alexandra Broennimann

Alexandra Broennimann est une spécialiste du comportement du consommateur. Chercheuse et chargée de cours à l’université. « Je m’efforce de comprendre le comportement des consommateurs dans différents contextes : interactions en ligne, stratégies éducatives et méthodologies d’apprentissage, créativité et innovation tant sur le plan académique que professionnel. En se concentrant particulièrement sur l’impact de l’expérience utilisateur du point de vue de la neuroscience. » Explique-t-elle. La chercheuse travaille donc avec les entreprises pour améliorer leur compréhension des aspects comportementaux de leurs consommateurs, d’une manière qui peut être appliquée de manière pratique à leurs stratégies et à leurs besoins. Elle a travaillé dans diverses industries, conseillant et formant des organisations, allant des entreprises de premier ordre, des petites et moyennes entreprises, des ONG, des associations professionnelles aux groupes éducatifs.

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