Cet article fait partie du hors-série Majunga Madagascar

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Antsanitia Resort n’est pas un resort comme les autres, et mérite qu’on s’y arrête. À une heure de l’aéroport Amborovy au nord de Majunga, cet éco hôtel est posé sur la côte face au canal du Mozambique et offre des couchers de soleil magnifique. Mais, ce n’est pas là que réside son originalité et sa force. Ce resort est respectueux de l’environnement et des hommes. Ce qui bénéficie à l’hôtel doit aussi bénéficier aux trois villages qui en dépendent. Cet hôtel pas comme les autres a reçu le label Green Globe, un des labels les plus sérieux et les plus stricts en matière environnementale et sociale.

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Nous sommes sous les tropiques dans un environnement paradisiaque où s’intègrent 33 hébergements, de la chambre standard à la villa (210 m2) avec piscine privée en passant par les bungalows (21 m2), les suites junior (53 m2) et les suites sénior (80 m2) avec piscine privée. Chaque budget y trouve son compte, son confort et sa vue soit sur le jardin, soit sur la mer. L’éco-resort se trouve sur les bords de la rivière Morira qui est aussi le berceau de la célèbre crevette de Madagascar. Éric Gateau a quitté Mayotte où il était directeur et co-fondateur de l’hôtel Sakouli pour relever le challenge en prenant la direction de l’hôtel Antsanitia Resort. Le groupe Eden, promoteur immobilier vert bien connu à La Rochelle fondé en 2008 par Édgard Valéro, en est le principal actionnaire disposant d’un savoir-faire indispensable lors de la reprise de cet hôtel qui avait eu des soucis de bonne gestion. Le groupe Eden s’appuie sur les compétences de sa filiale Atmosphère pour tous les sujets liés à la maîtrise de l’énergie et à la conception « soutenable », et a une filiale à Mayotte, Eden Austral, qui a construit les premiers immeubles à énergie positive sur l’île. L’hôtel ne pouvait rêver meilleures rencontres et profiter d’une expertise en développement durable efficace. Les projets autour de l’établissement sont nombreux, et ont pour but d’améliorer les conditions de vie des villageois sans détruire leur mode de vie et l’environnement. Pour y arriver, il n’y a pas de secret, il faut de l’argent, de la bonne volonté, de la patience, et l’aide d’associations. En 2014, les premiers grands projets ont été menés à terme. L’assainissement de l’eau pour les villages avoisinants était une priorité. Éric Gateau explique qu’il existe dorénavant « trois points d’eau filtrées non potable et un projet de potabilisation pour l’hôtel et le village » le plus proche. Un dispensaire a été construit et dispose d’une infirmière à l’année. Cet accès aux soins est important dans un pays où les déplacements sont longs. Certaines situations d’urgence ne le permettant de toute façon pas. Dans certains villages reculés, les accouchements peuvent être difficiles. En plus des emplois générés par l’hôtel, la création d’une pépinière, « la plus vaste de la région », participe avec les villageois à la reforestation. L’éco-resort se trouve au centre d’une zone de protection naturelle de 100 hectares, dont 30 de mangroves, créée en 2013. Une association, VOI, se verra confié par l’État malgache la gestion de la forêt, une forme de délégation de service public. Cette association a pour partenaires l’ONG américaine Eden Reforestation Project, l’association ADAMA et l’hôtel Antsanitia Resort. Beaucoup de replantations réutilisent les graines locales. Ici, il y en a eu 15000 en 2011, 150000 en 2015 et 180000 prévue en 2016. À Madagascar, la majorité de la population utilise le charbon de bois en guise d’énergie, cela a pour effet de détruire les forêts. « La culture sur brûlis n’est cependant pas très développée dans la région. » Précise le directeur de l’hôtel, « Car les habitants sont pour l’essentiel des pêcheurs. » Cependant, les poissons sont de plus en plus rares car les mers sont pillées par les pays développés qui envoient dans le canal du Mozambique, notamment, des cargos usines pratiquant la pêche intensive. Certains n’hésitent pas à violer les eaux territoriales du pays1. Toutes ces actions sur l’environnement en associant les habitants et les emplois induits ont des retombées positives et durable. Dans le cadre de la vie économique d’un hôtel, c’est ce qu’on appelle du tourisme intégré. Ici, nous en avons un des plus beaux exemples.

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L’association ADTIA (Association pour le Développement du Tourisme Intégré d’Antsanitia) regroupe trois villages à proximité de l’hôtel et fédèrent ces actions. En termes d’incidences, ce sont 500 personnes qui en bénéficient comme par exemple pour former les jeunes à l’hôtellerie. Parmi les projets, nombreux, il y a celui d’un potager pour un futur maraichage devant bénéficier aux villages, assurer l’autosuffisance de l’hôtel et procurer des revenus aux villageois. Le resort utilise 4 tonnes de pomme de terre par an et 2 tonnes de tomates. « D’ici cinq ans, ils seront capable de fournir leur propres fruits et légumes. » Espère Éric Gateau qui poursuit : « Et de développer un marché villageois de type échoppe à l’entrée de hôtel. » En 2014 toujours, 42 000 euros ont été débloqué pour la construction de l’école qui en fait a coûté plus cher à cause de problème de construction. « Il n’y a pas encore de sanitaire, mais École du monde doit participer à la construction de puits, de douche fin 2015. » Précise Tsiravay le chef du village et figure de l’association. Un succès au-delà des espérances, car prévue pour accueillir 120 enfants, l’école en accueille 154, certains même arrivant de 8 km et ne déjeunant pas. Aujourd’hui, deux enseignants se partagent les enfants. Un troisième devait arriver pour constituer 3 classes. Les cours sont dispensés en malgache et en français. À Madagascar, l’éducation est prise en charge en partie par les villageois et en partie par l’État. Un projet de cantine est aussi à l’étude avec Restaurants sans frontières mais le budget est non chiffré à ce jour. La piste pour accéder à l’hôtel est un point très lourd, car « Il s’agit d’un très gros budget et nous n’avons pas les moyens. » Indique Éric Gateau qui explique que « Normalement, les 16 km nous séparant de l’aéroport devrait se faire en 30 minutes maximum. Aujourd’hui, on met le double et en saison de pluie 1h30. » L’État malgache dépense le peu d’argent disponible pour la région d’Antananarivo, sans compter l’argent public détourné par la corruption. Les villageois sont laissés sans aide.

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Antsanitia Resort école intérieur
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Le resort est aussi à l’initiative d’ativités touristiques écologiques autour de la faune et la flore endémiques : ballade en charrette tirée par des zébus, mini-croisière en pirogue traditionnelle, visite des villages, pêche traditionnelle etc… L’idée étant de respecter l’écosystème tout en permettant son utilisation à des fins touristiques. Les revenus de ces activités reviennent à l’association ADTIA à hauteur de 20% et aux villageois eux-mêmes pour 60%. Les plus sportifs d’entre vous pourront s’essayer à la pêche no kill. Cette pêche sportive, qui se pratique en pleine mer, est une occasion unique de découvrir les espèces et les différents modes de pêche locale. Nous conseillons cependant aux personnes souffrant du mal de mer de prendre le médicament adapté pour profiter au mieux de cette activité. Pour les personnes redoutant le mal de mer, nous leur conseillons la croisière en catamaran. Elle leur permettra de profiter de la mer de manière plus indolente. Et au retour à l’hôtel, si vous avez bien programmé votre journée, un massage à l’huile essentielle de Mandravasarotra2, une plante endémique de Madagascar aux vertus médicinales produite sur le site d’Antsanitia, couronnera votre journée. Une séance de 40 minutes inoubliable (9 euros environ selon le cours de l’ariary). Et vous pourrez vous prélasser au bord de la piscine en sirotant un cocktail et passez au dîner que Franklin et son équipe vous aura préparé. Vous êtes heureux, car vous savez que si la journée se termine, hélas, une autre de découvertes tout aussi riche et passionnante vous attend le lendemain.

Antsanitia Resort
Hôtel Restaurant – Majunga
Madagascar
+261 20 62 911 00
contact@antsanitia.com
www.antsanitia.com

Tarif 2016-2017 (selon période) :
Chambre double (base 2 personnes) : de 31€ à 56€ par nuit,
Bungalow (base 2 personnes) : de 43€ à 78€ par nuit,
Suite junior (base 4 personnes) : de 77€ à 140€ par nuit,
Suite pool senior (base 6 personnes) : de 109€ à 198€ par nuit,
Suite pool villa (base 8 personnes) : de 146€ à 266€ par nuit.

Plan promotionnel 4 nuits achetées, une gratuite à consulter sur le suite de l’hôtel. Les séjours “Lune de miel” ont une réduction de 25% notamment.

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— 1 : Il y a une zone de protection maritime qui est souvent violée par ces bateaux. Les habitants confirment que c’est « la guerre aux bateaux qui pillent au ras de la plage, à 300 mètres du bord ». La région est un haut lieu de la pêche à la crevette qu’on retrouve dans des enseignes comme Picard, Intermarché ou Auchan. Toutes les crevettes sauvages de Madagascar surgelées dans nos caddies viennent de la région de Majunga. En 2014, les autorités sont intervenues plusieurs fois dans l’année. Le phénomène tend à se raréfier dans la région, mais c’est repousser le problème un peu plus loin.
— 2 : Mandravasarotra signifie « qui protège contre les sortilèges, qui tient le mal éloigné ». Espèce endémique, elle appartient à la famille botanique des Cannelacés et pousse en abondance dans la région du Nord de Majunga. Le village de pêcheurs d’Antsanitia en abrite une variété exceptionnelle la cinnamosma fragrans.

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